
L'air est glacé, mais la nuit est sereine,
Les astres clairs nagent en un ciel pur ;
J'entends gémir les eaux de la fontaine ;
Le firmament étale son azur.
L'airain battu d'un coup triste et sonore
Seul a troublé le repos de la nuit.
Il est une heure, et moi je veille encore ;
Je veille seul, et le repos me fuit.
Oh ! Que de fois le silence nocturne
Prêta son calme à mes songes divers !
Oh ! Que de fois ma lampe taciturne
M'a vu rêver, lire, tracer des vers !
Nuit de Noël, derniers jours de l'année,
Oh ! Que de jeux, de paix et de plaisirs
Vous rappelez à mon âme fanée !
Et tout a fui sous de nouveaux désirs !
Comme d'un rêve aussi doux que rapide,
Il me souvient de ce bonheur passé.
Bonheur d'enfance, imprévoyant, avide,
Que la raison a si vite effacé...
(Jacques-Imbert Galloix, 1808-1828)
